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  • : An Braz, Poète sur les Rives du Styx
  • An Braz, Poète sur les Rives du Styx
  • : "Evoquant dans ses poèmes des thèmes aussi divers que les problèmes de société, le quotidien, l'amour... ; de coup de gueules en coups de coeur, An Braz laisse filer sa poésie sur les rives du Styx et ailleurs..." Cyr
  • : littérature poésie amour écriture vie Littérature

© An Braz

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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 00:32

L’Automne.

 

Rouge, rouge la chute des feuilles,

Vieilles, ridées, s’en vont se mettre au vert,

S’en vont enserrer d’un manteau la terre

Tandis que les oiseaux chantent leur deuil.

 

Rouge, rouge la honte du dieu Soleil

Qui ne reste regarder les étoiles scintillantes,

Délaissant cette lune pâle mais aimante

Que mille borgnes scrutent sans sommeil.

 

Rouges, rouges mes yeux qui pleurent,

Lamentent amoureusement cette saison,

De la blanche aurore pointant à l’horizon

Jusque dans la nuit vêtue de sa noirceur.

 

Par An_Braz - Publié dans : Les Quatre Saisons
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 21:34

Ce sont ces passants désertés des rues,

Voyageant chez eux pendant les repas,

Vers leurs ambitions, terres inconnues,

Ce sont eux passant la vie en trépas.

 

A leurs fenêtres des fleurs suspendues ;

Eux à l’attente d’un vide, un coma,

Un cancer, un meurtre et fins incongrues,

Maisons tombales en seuil du glas.

 

Ce sont des zombies, l’allure livide,

Le pas hasardeux et le regard vide,

La muette voix dépouillée de verbe.

 

C’est le fatal prix de leur monde avide,

C’est une non-vie, natal génocide,

C’est un gris néant décoloré d’herbe.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /2009 12:55

M’adonnant aux coutumes conjugales

Conjuguées avecque ma coutumière,

Dans l’élan de notre rythme frugal

 Claqua une retentissante affaire :

 

La fessée, œdipienne et rousseauiste,

Savoureux châtiment sensualiste,

Comme l’hippique coup de la cravache,

Un vif trait, une giclée de panache !

 

Le sang excité, brûlé de désir,

Fourmillant, pigmentant à en rougir,

Foulant d’un picotement de plaisir

Et de pulsations à vous étourdir.

 

Alertant, éveillant, émerveillant

Tous les sens, sans nulle équivalence,

Vous faisant entrer en effervescence,

Transfigurant cet intime moment.

 

Un jaillissement d’adrénaline,

Ecarquillant pupilles et narines

Un jouissif instant communié ;

L’extase ! L’extase, je l’ai goûtée…

Par An_Braz - Publié dans : Rive Gauche
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /2009 01:00

Ignorant de mon être, dorloté de couvertures d’insouciances,

La pupille irisée d’un clair et dépourvue de toute méfiance,

Ecoutant les musiques que le vent me souffle à l’oreille,

Je me laisse délicatement caresser par une plume de soleil.

Une vient se blottir contre moi pour plus de confort,

Et l’esprit bombardé d’une idylle abstraite, inconcevable,

Essoufflé de ces élans, s’étourdit en esquissant une fable

Et s’évapore, s’évapore jusqu’à un nuage sur lequel il s’endort.

 

Et je souris.

Souris, à l’évanescence, avec l’inconscience ;

Souris, comme un enfant regardant l’Innocence ;

Souris à la vie.

 

Les souvenirs me pourchassent : une armée qui me harcèle !

Comme des hyènes, ils me tournent autour, m’écartèlent.

Le fil des années continue infatigablement à brûler

Et mon corps sournoisement de s’effriter, m’abandonner.

Quand s’allonge la nuit, comme des fantômes à mon chevet,

Ils me contemplent et me susurrent leurs sombres échos

Et pris à la gorge, mes propres mains resserrant l’étau :

J’étouffe, j’étouffe sous l’épais voile que forment leurs camouflets.

 

Et rit le Temps ;

Rit, rit, qu’il m’usera, qu’il s’amuse de moi ;

Rit, rit, comme un enfant avec un jouet de bois ;

Rit, rit, au fil de mes ans.

 

Délaissé jusqu’au reniement par ma propre personne,

D’un regard je me questionne : adviendra-t-il que je me pardonne ?

Dois-je une deuxième fois m’abandonner pour me faire Phénix

Ou bien me laisser bercer par les courants nonchalants du Styx ?

Quand coule entre mes doigts ce regard telle une épaisse fumée,

Qu’une brume improviste vient se condenser à son auréole,

Que les regrets entassés oubliés dansent une même farandole,

Bousculé, bousculé, mon esprit conjugue mon enterrement au passé.

 

Et le silence ;

Le silence, de la nuit sans lune, de l’instant éternel ;

Le silence, comme le dernier adieu devant une stèle ;

Le silence, seule espérance.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /2008 02:55

Suite au poème « Illégitime ! »


Tu n’avais bien sûr rien demandé,
Un peu d’amour ou de tranquillité,
Pas cette douleur qui te transperce
Ni ces flots de sang qui se déversent.

Ton cœur bat sa dernière chamade,
Le corps, cédé à la douleur,
Effondré sur le trottoir se meurt
Et ton esprit divague, s’évade.

Les souvenirs tombent en mikado :
Un regret, un remord et un oubli
Peignent comme autant de pinceaux
Ce tableau qui illustre ta vie.

A quoi penses-tu, le regard vitré ?
As-tu pu finir cette peinture ?
Je t’ai offert ce regard éploré,
L’as-tu emporté vers ton futur ?
Toi qui n’avais rien demandé.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 01:29

Tu n’avais bien sûr rien demandé

Et pourtant c’est toi qui as gagné :

Gagné ce concours de circonstances,

Remporté la sentence, la sentence.

 

Heure où les esprits somnolent encor,

Où le vent modère nos allures,

Où tu rêvassais là au dehors

Bercée par les klaxons de voitures.

 

Une vitrine d’un doré décor

Brillé par des lampes, sans violence,

Tu t’attardes, une vague absence,

Une subconscience qui éclore.

 

Et puis ce coup d’éclat résonné,

Une douleur de déchirure ;

Tu t’effondres, illégitimité :

Une balle perdue en ton armure.

Tu n’avais bien sûr rien demandé…

 

Inspiré par « Rosa » d’Obispo et « Les Charognards » de Renaud.

 

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /2008 23:16

Le Cerf Volant.

Le vent susurre de doux mots à la plaine, à la forêt ;
Quelles rumeurs propage-t-il ainsi ? Quels scandales ?
S’écoulant, virevoltant, s’immisçant dans ces dédales,
Allant à gauche, et à droite, enjambant les futaies.

S’arrêta-t-il pour saluer la biche en la croisant ?
Ses cris, ses « hou », firent-ils fuir le faisan ?
Que cherche-il en s’agitant ainsi sans manière ?
A-t-il un message pour le gardien, le grand cerf ?

Cette créature, arborant fièrement de grands bois,
Comme s’il s’agissait d’un portail vers le lointain,
Dévoilant majestueusement son pelage satin,
Brillant, lustré, une psyché du soleil digne des rois.

Il saute à gauche, saute à droite, enjambe l’air,
Comme s’il traçait des arcs-en-ciel sur son passage,
Vers quel inconnu file-il ainsi ? Vers quel mystère ?
Nul ne le sait, sinon le fil qui le relie à votre aiguillage…

Par An_Braz - Publié dans : Les Quatre Saisons
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 22:55

Libre, libre le thème ;
Ce mois-ci le thème est libre
Sombre présage d’un fragile équilibre ;
Un thème qui sous son air de gloire
Ressemble plus à une échappatoire,
A un aspect d’apostème.

Libre, libre le thème,
Comme un ultime renfort,
Comme le dernier des contreforts
Soutenant un rare pan de liberté,
Cette chose déjà bien délabrée,
Dépouillée de son emblème.

Libre, libre le thème,
Un accroc à l’éternel rituel,
Un concerto pour violoncelle
Une partition dépourvue de clé
Pour apposer des notes imaginées,
Un air suprême.

Libre, libre le thème,
Comme le balai des hirondelles,
Une subite poussée d’ailes,
Comme le plus profond des rêves,
Comme l’époque d’Adam et Eve,
Un nouveau baptême.

Libre, libre le thème,
Auquel je joins ce poème.

Par An_Braz - Publié dans : Pour Une Obole
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Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /2008 02:09

La musique ne me fait plus danser,

La chanson ne me fait plus vibrer,

La poésie ne me fait plus écrire,

La vie me fait vieillir.

 

Mort, mon esprit est mort ;

Plus de joies, ni de remords ;

Je me laisse glisser vers l’autre rive,

Comme le bois mort à la dérive.

 

Cette douce mélancolie,

Qui longtemps réchauffa ma vie :

Le radiateur est devenu froid,

La chaudière n’a plus de bois.

 

Mon âme en lambeaux se déchire

Comme une vieille fripe, sans mentir ;

Et ça fait mal, et même bien pire :

Comme une douleur qu’on ne pourrait sentir.

 

Combien d’années sans jamais pleurer,

Plus du fait du vent que de ma vie menée ;

Les yeux secs, pas de larme trouillarde :

C’est ainsi lorsqu’on aime la Camarde.

 

Comme dans le Temps Perdu d’un an déjà :

Toujours je suis là et toujours je suis las ;

Usé de tourner en rond autour de l’ennui,

Rongé de voir se succéder les jours, les nuits.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /2008 01:15

 

Les pamphlets funambules dansant sur le fil politique

N’ont jamais su lier d’amitié avec ma rhétorique,

Mais la prétendue bonne conscience nourrie d’inconscience

S’avère être une ignominieuse manie qui me déplait

Alors je fustige celle-ci en expliquant ce qu’est…

 

L’ingérence :

 

Intolérance tolérée,

Une légitime défense

Qui en soit consiste à défier

Qui on considère en déviance.

 

Cette notion saugrenue qui ostensiblement arbore

Droits de l’Homme et respect à la façon d’un jeteur de sort

Bafoue et désavoue ces mêmes de par son existence,

Apogée ironique de l’irrespect et du non-droit ;

Ce libre passe-droit, cet engrenage gangréné, c’est…

 

L’ingérence :

 

Ces croisades américaines

Que pourtant les bonnes consciences

Ont rejetées car inhumaines,

Car empreintes d’inélégance.

 

Ce prétendu droit invoqué au début du millénaire

Fit l’amalgame entre Afghan et terrorisme primaire,

Laissa choir un crime de guerre dans une indifférence,

Coûta une liberté aux irakiens bien malgré eux

Pour des intérêts géostratégiques sous couvert de…

 

L’ingérence :

 

Ce bel appel humanitaire

Que colportent en vive errance

Jusque aux confins de la Terre

Nombre de citoyens de France.

 

Comment se permet-on de dicter à la Chine actuelle

Autant sa politique et son héritage culturel

Au mépris absolu de la plus juste des indulgences :

Replacer dans son contexte cette Chine et n’oublier

Notre propre Histoire, au lieu d’être affligeant et d’infliger…

 

L’ingérence.

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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