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  • : An Braz, Poète sur les Rives du Styx
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  • : "Evoquant dans ses poèmes des thèmes aussi divers que les problèmes de société, le quotidien, l'amour... ; de coup de gueules en coups de coeur, An Braz laisse filer sa poésie sur les rives du Styx et ailleurs..." Cyr
  • : littérature poésie amour écriture vie Littérature

© An Braz

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Creative Commons License Oeuvres déposées auprès d'un huissier de justice


Mercredi 8 avril 2009

Ignorant de mon être, dorloté de couvertures d’insouciances,

La pupille irisée d’un clair et dépourvue de toute méfiance,

Ecoutant les musiques que le vent me souffle à l’oreille,

Je me laisse délicatement caresser par une plume de soleil.

Une vient se blottir contre moi pour plus de confort,

Et l’esprit bombardé d’une idylle abstraite, inconcevable,

Essoufflé de ces élans, s’étourdit en esquissant une fable

Et s’évapore, s’évapore jusqu’à un nuage sur lequel il s’endort.

 

Et je souris.

Souris, à l’évanescence, avec l’inconscience ;

Souris, comme un enfant regardant l’Innocence ;

Souris à la vie.

 

Les souvenirs me pourchassent : une armée qui me harcèle !

Comme des hyènes, ils me tournent autour, m’écartèlent.

Le fil des années continue infatigablement à brûler

Et mon corps sournoisement de s’effriter, m’abandonner.

Quand s’allonge la nuit, comme des fantômes à mon chevet,

Ils me contemplent et me susurrent leurs sombres échos

Et pris à la gorge, mes propres mains resserrant l’étau :

J’étouffe, j’étouffe sous l’épais voile que forment leurs camouflets.

 

Et rit le Temps ;

Rit, rit, qu’il m’usera, qu’il s’amuse de moi ;

Rit, rit, comme un enfant avec un jouet de bois ;

Rit, rit, au fil de mes ans.

 

Délaissé jusqu’au reniement par ma propre personne,

D’un regard je me questionne : adviendra-t-il que je me pardonne ?

Dois-je une deuxième fois m’abandonner pour me faire Phénix

Ou bien me laisser bercer par les courants nonchalants du Styx ?

Quand coule entre mes doigts ce regard telle une épaisse fumée,

Qu’une brume improviste vient se condenser à son auréole,

Que les regrets entassés oubliés dansent une même farandole,

Bousculé, bousculé, mon esprit conjugue mon enterrement au passé.

 

Et le silence ;

Le silence, de la nuit sans lune, de l’instant éternel ;

Le silence, comme le dernier adieu devant une stèle ;

Le silence, seule espérance.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Samedi 30 août 2008

Suite au poème « Illégitime ! »


Tu n’avais bien sûr rien demandé,
Un peu d’amour ou de tranquillité,
Pas cette douleur qui te transperce
Ni ces flots de sang qui se déversent.

Ton cœur bat sa dernière chamade,
Le corps, cédé à la douleur,
Effondré sur le trottoir se meurt
Et ton esprit divague, s’évade.

Les souvenirs tombent en mikado :
Un regret, un remord et un oubli
Peignent comme autant de pinceaux
Ce tableau qui illustre ta vie.

A quoi penses-tu, le regard vitré ?
As-tu pu finir cette peinture ?
Je t’ai offert ce regard éploré,
L’as-tu emporté vers ton futur ?
Toi qui n’avais rien demandé.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Mercredi 13 août 2008

Tu n’avais bien sûr rien demandé

Et pourtant c’est toi qui as gagné :

Gagné ce concours de circonstances,

Remporté la sentence, la sentence.

 

Heure où les esprits somnolent encor,

Où le vent modère nos allures,

Où tu rêvassais là au dehors

Bercée par les klaxons de voitures.

 

Une vitrine d’un doré décor

Brillé par des lampes, sans violence,

Tu t’attardes, une vague absence,

Une subconscience qui éclore.

 

Et puis ce coup d’éclat résonné,

Une douleur de déchirure ;

Tu t’effondres, illégitimité :

Une balle perdue en ton armure.

Tu n’avais bien sûr rien demandé…

 

Inspiré par « Rosa » d’Obispo et « Les Charognards » de Renaud.

 

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Dimanche 27 juillet 2008

Le Cerf Volant.

Le vent susurre de doux mots à la plaine, à la forêt ;
Quelles rumeurs propage-t-il ainsi ? Quels scandales ?
S’écoulant, virevoltant, s’immisçant dans ces dédales,
Allant à gauche, et à droite, enjambant les futaies.

S’arrêta-t-il pour saluer la biche en la croisant ?
Ses cris, ses « hou », firent-ils fuir le faisan ?
Que cherche-il en s’agitant ainsi sans manière ?
A-t-il un message pour le gardien, le grand cerf ?

Cette créature, arborant fièrement de grands bois,
Comme s’il s’agissait d’un portail vers le lointain,
Dévoilant majestueusement son pelage satin,
Brillant, lustré, une psyché du soleil digne des rois.

Il saute à gauche, saute à droite, enjambe l’air,
Comme s’il traçait des arcs-en-ciel sur son passage,
Vers quel inconnu file-il ainsi ? Vers quel mystère ?
Nul ne le sait, sinon le fil qui le relie à votre aiguillage…

Par An_Braz - Publié dans : Les Quatre Saisons
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Samedi 19 juillet 2008

Libre, libre le thème ;
Ce mois-ci le thème est libre
Sombre présage d’un fragile équilibre ;
Un thème qui sous son air de gloire
Ressemble plus à une échappatoire,
A un aspect d’apostème.

Libre, libre le thème,
Comme un ultime renfort,
Comme le dernier des contreforts
Soutenant un rare pan de liberté,
Cette chose déjà bien délabrée,
Dépouillée de son emblème.

Libre, libre le thème,
Un accroc à l’éternel rituel,
Un concerto pour violoncelle
Une partition dépourvue de clé
Pour apposer des notes imaginées,
Un air suprême.

Libre, libre le thème,
Comme le balai des hirondelles,
Une subite poussée d’ailes,
Comme le plus profond des rêves,
Comme l’époque d’Adam et Eve,
Un nouveau baptême.

Libre, libre le thème,
Auquel je joins ce poème.

Par An_Braz - Publié dans : Pour Une Obole
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Dimanche 15 juin 2008

La musique ne me fait plus danser,

La chanson ne me fait plus vibrer,

La poésie ne me fait plus écrire,

La vie me fait vieillir.

 

Mort, mon esprit est mort ;

Plus de joies, ni de remords ;

Je me laisse glisser vers l’autre rive,

Comme le bois mort à la dérive.

 

Cette douce mélancolie,

Qui longtemps réchauffa ma vie :

Le radiateur est devenu froid,

La chaudière n’a plus de bois.

 

Mon âme en lambeaux se déchire

Comme une vieille fripe, sans mentir ;

Et ça fait mal, et même bien pire :

Comme une douleur qu’on ne pourrait sentir.

 

Combien d’années sans jamais pleurer,

Plus du fait du vent que de ma vie menée ;

Les yeux secs, pas de larme trouillarde :

C’est ainsi lorsqu’on aime la Camarde.

 

Comme dans le Temps Perdu d’un an déjà :

Toujours je suis là et toujours je suis las ;

Usé de tourner en rond autour de l’ennui,

Rongé de voir se succéder les jours, les nuits.

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Jeudi 17 avril 2008

 

Les pamphlets funambules dansant sur le fil politique

N’ont jamais su lier d’amitié avec ma rhétorique,

Mais la prétendue bonne conscience nourrie d’inconscience

S’avère être une ignominieuse manie qui me déplait

Alors je fustige celle-ci en expliquant ce qu’est…

 

L’ingérence :

 

Intolérance tolérée,

Une légitime défense

Qui en soit consiste à défier

Qui on considère en déviance.

 

Cette notion saugrenue qui ostensiblement arbore

Droits de l’Homme et respect à la façon d’un jeteur de sort

Bafoue et désavoue ces mêmes de par son existence,

Apogée ironique de l’irrespect et du non-droit ;

Ce libre passe-droit, cet engrenage gangréné, c’est…

 

L’ingérence :

 

Ces croisades américaines

Que pourtant les bonnes consciences

Ont rejetées car inhumaines,

Car empreintes d’inélégance.

 

Ce prétendu droit invoqué au début du millénaire

Fit l’amalgame entre Afghan et terrorisme primaire,

Laissa choir un crime de guerre dans une indifférence,

Coûta une liberté aux irakiens bien malgré eux

Pour des intérêts géostratégiques sous couvert de…

 

L’ingérence :

 

Ce bel appel humanitaire

Que colportent en vive errance

Jusque aux confins de la Terre

Nombre de citoyens de France.

 

Comment se permet-on de dicter à la Chine actuelle

Autant sa politique et son héritage culturel

Au mépris absolu de la plus juste des indulgences :

Replacer dans son contexte cette Chine et n’oublier

Notre propre Histoire, au lieu d’être affligeant et d’infliger…

 

L’ingérence.

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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Mercredi 20 février 2008

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Les veines explosant sous la peau,

La déchirant de mille et mille parts

La projetant, l’éparpillant en lambeaux

Se mélangeant et se confondant en bazar

Dans la boue épaisse et crasseuse du caniveau.

 

Jaillissant, une chaîne de volcans

Emerge, se transcende sous la douleur

Et vient compléter l’air par ce rouge sang

Dont ces photos, monochromes, effacent la couleur

Et suspend le formidable envol tel un arrêt du temps.

 

Les jeunes paraissent plus vieux

Que la grand-mère que vous n’osiez voir ;

Face aux adultes, les zombis semblent chanceux ;

Et face à leurs nourrissons, la peste semble dérisoire ;

A jamais vos tripes se gangrènent de ces souvenirs affreux.

 

Apothéose de la vision d’horreur,

Emerveillant spectacle de sensations

Vous transportant sur la scène de la peur,

Excitant vos veines à la limite de la consécration,

Intense moment où la vie prend corps de plein cœur.

 

Les bras dépecés, trahis par leurs veines,

La chair sous les yeux à vos regards dévoilée,

Une lèpre dans vos cœurs rassasiés par la peine

De la vue de ces hommes et enfants difformes révélés,

Incarnation de l’esprit des Hommes, de vous, êtres suprêmes.

 

Le champignon, qu’il soit de Paris

Ou de l’atome se sème puis se récolte,

La civilisation c’est ne jamais en être démuni,

Et qu’après tout ce temps de jachère des désinvoltes

Négocient ou bien parient la fin de ce jugé trop long sursis.

Par An_Braz - Publié dans : Pour Une Obole
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Mardi 22 janvier 2008

Désespoir, mon seul bien, il y a bien longtemps

Que, la vie faisant son affaire sur mon cœur

Et ma mémoire, on s’était égaré sans pleur

Et sans au revoir, ni souvenir latent.

 

Mais, Désespoir, mon seul bien, voilà je reviens

Comme disait Georges Brassens : « at home »,

Au milieu de ton univers monochrome,

Noir, posant ma tête contre ton sein.

 

Te regarder, comme on contemple une nuit sans lune,

T’imaginer, à te sentir couler dans les veines

Lentement, et souffrir, impuissant, sa peine

De ne pouvoir t’effleurer comme la dune.

 

Alors, feuilletant l’album souvenir de ma mémoire,

Entre mes regrets sans remords, ô Jouvence,

Et cette voiture, cet accident, décadence,

J’imagine le futur de mon histoire :

 

Arriver enfin à poser un flingue sur la tempe

Et sentir le froid de son canon d’acier

Et encore vouloir plus l’y presser

Avant de presser la détente…

Par An_Braz - Publié dans : Outre-Venise
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Dimanche 23 décembre 2007

Parce que les supporters de l'OM chantent des propos qui les dépassent...


« Aux armes ! »
« Aux armes ! » criaient-ils en canon,
Un écho de sirène d’alarme
Lancé tel un boulet, une explosion,
Un vacarme.
 
« Aux armes ! »
Plus de deux siècles après leurs aïeux
Passant les têtes des gendarmes,
Des fonctionnaires du roi et des religieux
Par la guisarme.
 
« Aux armes ! »
Interpellait sans cesse la foule en liesse,
Plus mendiante que les carmes ;
Toujours la défaite en épée de Damoclès
Dans ses larmes.
 
« Aux armes ! »
S’élevait le cri des deux bouts du stade,
Avide de rafler pour tout charme
Une étoile à coudre au cœur, sombre toquade,
Ironique drame.

Par An_Braz - Publié dans : Pour Une Obole
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