Lundi 27 novembre 2006
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Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel
Et que leur regard dévoile
Notre amour éternel.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel
Et que leur lumière voile
Celle du soleil.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel,
Broder toute une toile
De milles merveilles.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel,
A en faire suer ma moelle,
En faire une ribambelle.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel,
Qu’elles éclairent les poils
Qui tracent ton aquarelle.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel,
Qu’elles dénudent le passepoil
De tes dentelles.
Je veux broder des étoiles
Au plus profond ciel,
Qu’à Elle mon cœur se dévoile,
Mais il n’y a d’Elle !
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas le plus petit soleil qui abonde,
Ni la nuit ses sœurs.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas une seule lune qui inonde
La nuit de sa pâleur.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas un seul vent dont l’onde
Sèche les pleurs.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas une folie pour que l’on ponde
Un moindre air rieur.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Rien pour vous attarder une seconde,
Pas même un leurre.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Rien de votre paisible monde,
Ni même de corps qui meurt.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas même une âme qui se morfonde
Au milieu de ses peurs.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Pas un seul sentiment qui fonde
Dans un utopique cœur.
Je vis dans la plus profonde
De toutes les sombreurs,
Je ne puis même disposer d’une ronde
De la Camarde pour douceur…
Par An_Braz
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Publié dans : Outre-Venise
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Lundi 27 novembre 2006
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Si je posais sur une toile ton cœur,
En ses recoins qu’y verrions-nous ?
Quel style serait le plus à ton goût ?
Quelles en seraient les couleurs ?
Je veux une nature morte et foncée,
Des couleurs, des couleurs délavées,
Afin de représenter ces pleurs intérieures
Qui inondent trop souvent mon cœur.
Je vois un ciel dont la légère nuit tombée
Est effrayante, est des plus tourmentées,
Un sol aride, un quasi inévitable désert,
Paroi de mon cœur en lequel tout se perd.
Une fenêtre à laquelle serait un rideau fixé,
Voile pour pouvoir mes sentiments cacher.
Et puis un chat, un chat et un oiseau
Afin de représenter mes perpétuels maux.
Quelques livres, pour symboliser la culture,
Mais pas trop je ne suis pas avide de futiles lectures.
Des feuille en vrac pour des poèmes rédiger
Et, pour qu’ils ne s’égarent, un presse-papier.
A l’opposé de ce chat, un bouquet de fleurs
Mais quasi fanées, il s’agit d’un artifice trompeur,
Et quelque part une bobine pour pouvoir,
En déroulant mon existence, tisser mon histoire.
S'il fallait sur une toile mon cœur poser,
Ce serait vers ces teintes, monsieur l'artiste,
Qu'assurément devrait s'orienter votre piste,
Cette nature morte qu'il faudrait présenter.
Par An_Braz
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Publié dans : Pour Une Obole
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Samedi 25 novembre 2006
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Un rail,
Non pas de ceux qui guident les trains
Mais font dérailler celui du quotidien.
Un rail,
Qui vous transforme les flamants
En d’incroyables roses éléphants.
Un rail,
Que bien vite si j’en faisais l’éloge
On me mettrait dans une close loge.
Un rail,
Que si je suis le célèbre proverbe,
Mieux vaut une bonne pipe d’herbe.
Par An_Braz
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Publié dans : Pour Une Obole
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Samedi 25 novembre 2006
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Je me prends à vouloir regarder doucement s’ouvrir
Ce sauvage et fragile coquelicot,
A vouloir effleurer du bout des doigts
Les somptueux pétales de cette secrète orchidée.
Je me prends à vouloir poser mes lèvres sur tes lèvres,
En sentir la douce et enivrante moiteur,
A vouloir y glisser ma langue
Jusqu’à attraper la glotte qu’elles renferment.
Je me prends à vouloir retomber en enfance
Et reprendre la tétine,
A vouloir la garder en bouche
Et exploser en pleurs si d’aventure l’on m’en privait.
Je me prends à vouloir goûter à ce calice
Et sa bénite eau miraculeuse,
A vouloir baigner mon doigt
Dans le sang qu’il aura en son cœur engendré.
Je me prends à vouloir dresser un beffroi
Et réussir une percée
Dans ce glorieux oppidum
Qui su faire chuter les plus grands héros.
Par An_Braz
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Publié dans : Rive Gauche
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Dimanche 17 septembre 2006
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Sous la pâleur de la lune en cette froidure
Le marais nauséabond publie ses effluves,
Baignée de ces émanations, sa chevelure
Est le doux nid d’une colonie de réduves.
Elle va dans cette boue, encrassée de fientes,
Bousculant infectes insectes et autres araignées,
Sa gorge décharnée suit une laide pente,
Aussi crevassée qu’une falaise, un glacier.
Dans son corps, nulle vie, ni regard ou velours,
Du poil au menton, ô toi qu’on ne voudrait pas,
Elle est l’Eve à la compote qu’on ne savoure,
Apre plat régurgité par votre estomac.
Son corps cadavérique ne connait de l’émoi
Que tous ces coups de bâton sur son dos vouté
Sa peau pendante se balance quelques fois
Au bon vouloir de sa marche peu assurée.
Oiseau charognard, oiseau de mauvais augure,
Les galbes de son corps se rident, s’atténuent,
Et ce jour-là, quand Zeus mêla vos aventures
A cette Pandore, d’un vous tombiez des nues.
Si vous croisez en chemin cette femme laide
Cachant des plaques de crasse au creux de ses rides,
Priez fort que la Camarde vous vienne en aide :
La Mort moissone l'épi, ne fait la Putride.
Par An_Braz
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Publié dans : Outre-Venise
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