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© An Braz

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Veillées Avec Charon


Dimanche 20 août 2006 7 20 /08 /Août /2006 01:23

Le silence souffle et s’engouffre dans ma ruelle,
La nuit laisse glisser son voile le long des fenêtres ;
Monsieur, Madame, s’ensommeille dans un profond bien-être,
La cheminée abandonnée avec sa flamme sentinelle.

La Flamme sentinelle convint les braises : une armée est à naître ;
Monsieur, Madame, premier combustible d’une sauvage
Expansion qui bien vite conquit tout le petit village,
Première citadelle où faire régner la peur en maître.

Le feu et la peur, prémisses d’un bien sombre présage
Qui a su, phénix, renaître en tous les temps
Et proliférer, et vous coloniser au gré des vents
Et d’un mur de feu vous confiner dans sa terrible cage.

De confinement en protection se change le sentiment ;
De déperdition en déperdition, vos esprits égarés,
Vous voilà à prier pour qu’une religion soit damnée ;
Le monde s’enferme dans un univers peuplé de déments.

La Flamme se nourrit de vos chairs, charnier des abusés ;
La France, théâtre de l’humiliation, chancelle,
La France, camp de concentration, pantelle ;
Le silence souffle et s’engouffre dans mon cœur désabusé.

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /Août /2006 16:35

Un jour de trop dans le désert,

Brian ressent un peu de colère,

Il repense à son frère resté là-bas,

Que lui dit-on sur la vie des soldats ?

Lui parle-t-on de ces baises en solitaire

Pour être moins stressé sur la gâchette ?

Lui parle-t-on de cet enfant qu’hier

Ils ont du tuer : il avait une mitraillette ?

 

Brian repense à ce que disait son papa,

Qu’il avait peut-être plus raison que lui

Lorsqu’il parlait de la ‘propaganda’,

De Bush et ses paroles trop jolies,

De ses discours au nom de Dieu,

De l’horizon futur au ciel bleu.

Mais ici le ciel est rouge sang

Et les soldats kaki dehors, caca dedans.

 

Brian entend des coups de feu,

Tout cela lui semble bien loin,

Il part dans ses rêves peu à peu

Et repense à cette odeur de foin ;

Toute sa vie défile devant ses yeux,

Il repense à son gosse et à ses vieux,

Il repense à tout ce qu’il ne reverra

Et son sang se vide le long de son bras…

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /Août /2006 16:22

Hommage au génocide indien.

 

Un petit indien, Nagawika,
S’en chemine sur son poney blanc
Vers le grand lac d’argent
En compagnie de son papa.

Naga, Naga, Nagawika,
Et avec lui son grand papa,
S’en chemine sur son poney blanc
Vers le grand lac d’argent.

Un petit indien attendrissant,
Tout là-haut dans la montagne,
Vêtu de son joli pagne
Que lui fit sa maman.

Naga, Naga, Nagawika,
Et avec lui son grand papa
Qui gravissent la grande côte
Tous les deux côte à côte.

Un petit indien, son père derrière,
Un tout petit bonhomme
Haut comme trois pommes,
Qui s’arrête boire à la rivière.

Naga, Naga, Nagawika,
Et avec lui son grand papa,
S’arrête au bord de la rivière
Et la sautille de pierre en pierre.

Un tout petit indien
A la joie sans pareil,
Qui rayonne comme le soleil,
Poursuit paisiblement son chemin.

Naga, Naga, Nagawika,
Et avec lui son grand papa,
Se penche au bord du lac d’argent
Pour voir son visage dedans.

Un petit indien si touchant
Qui se confectionne un harpon
Pour aller pêcher des poissons
Sur les bords du lac d’argent.

Naga, Naga, Nagawika,
Et avec lui son grand papa
Tous deux avec leurs outils
Pêchent, pêchent sans souci.

Un petit indien tant égayé
Comme on peut le lire dans ses yeux,
Tout à coup un coup de feu,
Son papa qui s’écroule à ses côtés.

Naga, Naga, Nagawika,
Et son grand papa
Par-terre à côté de lui
Avec du sang qui jailli.

Un tout petit indien
Qui, perdu, ne comprend rien,
Cent hommes de fer apparaissent
Qui l’enlèvent dans sa détresse.

Naga, Naga, Nagawika,
N’oublie pas ton grand papa,
Ce que lui ont fais ces gens,
Et n'oublie pas les bons moments.

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /Août /2006 16:22

Pays de paix proclamé,
Pays des Hommes égaux,
Terr’ d’accueil des rejetés,
Protectrice des minots,
Havre de la Liberté
Avec sa statue toute rouillée.

Ce pays tant célébré
Où règnent pourtant les camés,
Où sévit la corruption,
Où on ne compt’ plus les sans-abris,
Où on ne pens’ plus à la vie,
Je lui fais sa condamnation.

Un enfant mort sous un pont,
Une seringue à la main,
Son frère qui va en prison demain
Pour s’être servi de son flingue ;
Mais quel est ce pays de dingue
Qui lui donna pourtant l’autorisation.

Oh grand conquérant,
Successeur d’Alexandr’ le Grand ;
Quinze milles hommes en treillis
Et combien de chars lancés en avant,
Vers Bagdad’e sont partis
Kaki dehors, caca dedans.

Il répand la Paix sur Terre
Et combat le sombre terrorisme
A grands coups d’organismes
Et de bombes nucléaires ;
Où aura lieu la prochaine bataille,
Toujours tirée à la courte-paille ?

Iran, Irak, Afghanistan,
A autant que je sache
Il n’y avait pas de guerre avant
Que leurs avions y lâchent
Leurs bombes en un’ pluie folle
Tout ça pour un peu de pétrole.

C’est lui qui arma Ben Laden
Pour que la victoire il lui donne ;
Comment peut-on sur la Terre
Instaurer cette paix durable
A grands coups de guerres
Et de contrats sous la table ?

Pays de paix recherchée,
Pays des hommes égo-
Iste, Terr’ d’accueil des décriés,
Protectrice de tous les maux,
Qui recherche toujours sa liberté
Parmi ses chars tout rouillés.

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /Août /2006 16:21

La croisade est finie, les soldats sont restés
En la cité d’Jérusalem pour la piller.
Il y a de cela quelque un millier d’années
Et voilà qu’aujourd’hui tout a recommencé :
A la tête des troup’s ce n’est plus Barbe Rousse
Mais un vieux maigrichon qu’on appelle Bush,
Ce n’est plus le Saint Empir’ Romain Germanique
Juste le Saint Empire Saxon d’Amérique,
Plus d’armures lourd’s mais un nouvel armement
Un peu kaki dehors, surtout caca dedans.

Mes bien chers amis et mes très braves ennemis,
N’ayez pas de pleurs en entrevoyant ceci,
Cette petite guerre, cette parodie,
Qui ne vaut pas les autres de ce siècle-ci.
Monsieur Hitler et tous ses amis avoués
Peuvent s’endormir tranquille au fond des Enfers.
Tout cela se verra très bien vite oublié :
Où est l’Afghanistan ? Mêm’ pas en fait divers !

Une vagu’ photo satellite par-ici,
Un court extrait de thèse étudiante par-là,
Un béret usé sur un vêtement kaki,
Tout ce qu’il est nécessaire de preuves est là.
Le tout enrobé d’une morale douteuse
Et les tambours jouent leur musique mélodieuse.
Deux cent milles endoctrinés à l’allure fière
S’en vont raser Bagdad assiégée de misères
Et piller ses richesses au nom du ‘Bien parfait’,
Mais le Bien mal acquis ne profite jamais.

Mes bien chers amis et mes très braves ennemis,
N’ayez pas de pleurs en entrevoyant ceci,
Cette petite guerre, cette parodie,
Qui ne vaut pas les autres de ce siècle-ci.
Monsieur Hitler et tous ses amis avoués
Peuvent s’endormir tranquille au fond des Enfers.
Tout cela se verra très bien vite oublié :
Où est l’Afghanistan ? Mêm’ pas en fait divers !

Au nom des vérités, des contres vérités,
On génocide un peuple en brûlant ses musées,
En rasant à la lot’rie quelques monuments
Et puis pourquoi pas égal’ment quelques passants.
Mais tout cela est de droit autoproclamé
Par les gardiens de la déesse Liberté,
Par Sa Grande Majesté, le Saint Alcoolique,
Qui a voulu cett’ distraction entre deux ‘hic’.
Que bien que Monseigneur le Pap’ n’approuva pas,
Monsieur Saint Alcooliqu’ s’en autoproclama.

Mes bien chers amis et mes très braves ennemis,
N’ayez pas de pleurs en entrevoyant ceci,
Cette petite guerre, cette parodie,
Qui ne vaut pas les autres de ce siècle-ci.
Monsieur Hitler et tous ses amis avoués
Peuvent s’endormir tranquille au fond des Enfers.
Tout cela se verra très bien vite oublié :
Où est l’Afghanistan ? Mêm’ pas en fait divers !

Il y avait l’Afghanistan, voici l’Irak,
Cela sera-t-il une trilogie de massacres ?
Et le petit maigrichon, toujours aussi fou,
Est là à se dir’ « Tant que je gagne, je joue.
Mon nouveau petit wargame grandeur nature
Est encore mieux que tous mes jeux de voitures.
Ben Laden aimait jouer aux simulations,
Mais il ne pouvait contrôler que deux avions ;
Alors que moi j’en envoie cinquante ou bien cent,
Je m’amuse et je me marre comme un enfant ! »

Mes bien chers amis et mes très braves ennemis,
N’ayez pas de pleurs en entrevoyant ceci,
Cette petite guerre, cette parodie,
Qui ne vaut pas les autres de ce siècle-ci.
Monsieur Hitler et tous ses amis avoués
Peuvent s’endormir tranquille au fond des Enfers.
Tout cela se verra très bien vite oublié :
Où est l’Afghanistan ? Mêm’ pas en fait divers !

Le frère de Saddam dans son pays d’Afrique
Et son grand cousin dans le sud de l’Amérique
Peuvent bien continuer à dormir en paix,
On ne viendra pas leur museler le clapet
Du moment qu’Exxon y a ses mines de rubis,
Que le cannabis part vers les Etats-Unis.
Et qu’en est-il de l’Homme et de ses utopies ?
Est-c’que la Paix sera toujours mise en sursis ?
Et dans tout cela quelle est ma part du fardeau
Et celle de ce dieu qui se cache là-haut ?

Par An_Braz - Publié dans : Veillées Avec Charon
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