Samedi 19 août 2006
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Le voilà enfin, le dernier, ce dernier,
Le dernier que j’aurai ici publié,
Point de femme à aimer ou de sec pamphlet,
Rien qui ne puisse obscurcir son reflet.
Le voilà, se mettant lui-même en scène,
Et, étrangement dans sa comédie,
Il se murmure sans moindre peine
Comme un voyage vers le Paradis.
Et il tourne tourne tourne, il tourne sans fin
Comme dans les ballets du roi soleil
Où, de la fraîcheur du soir jusqu’au petit matin
On faisait valser les hanches des merveilles.
Mais, pourquoi donc ce dernier ?
Peut-être parce que son multiple dizainier
Me fourni les raisons que je n’ai,
Mais au fond de cette déraison je ne le sais.
Peut-être par ce que ces rimes
Aux couleurs des yeux des femmes
Et tirés des plus profonds abîmes
De mon cœur sont mieux en mon âme.
Peut-être parce que je me plais autant
A lire Henry IV ou Baudelaire
Qui l’un comme l’autre en leurs temps
Anticipèrent à jamais mes vers.
Si ce n’était encore que des mots, des sons,
Mais je pleure en lisant ces émotions :
« Le cœur blessé, les yeux en larmes.
Ce cœur ne songe qu’à vos charmes ;
Vous êtes mon unique amour.
Jour et nuit pour vous je soupire ;
Si vous m’aimez à votre tour
J’aurai tout ce que je désire. »
Le voilà, le dernier, ce dernier,
Il ne s’explique pas mais se joue,
Se joue en théâtre, des vers à clamer.
Se joue de moi et de vous.
Il est pareil à un enfant non désiré
Et que pourtant l’on élève quant même,
Pour qui, pourquoi, nul ne le sait
Et en notre désarroi on lui dit « je t’aime ».
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