Le sursis.
Je vivais bien autrefois,
Lorsque j’étais seul,
Sans femme ni foi,
Sans une ombre de pré-linceul.
Des braves amis de confiance
M’ont fais comprendre le contraire,
Qu’il me fallait une belle fille qui danse
Et surtout qui sait sauter en l’air.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Je n’ai pas fais attention
Mais lorsque j’y repense,
J’aurais peut-êtr’ du contrôler leurs mentions
En ce qui concerne leur croyance.
L’un est plus pédé qu’un moine,
L’autre je ne l’ai jamais vu avec personne,
Le troisième est ivrogne jusqu’à la moelle,
Le dernier les commandent par téléphone.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Faut-il donc pour être normal,
Bouquiner les Top-Models’zine,
Hésiter entre douce ou femme fatale,
Femmes d’expérience ou bien gamines,
Comparer blondes, brunes et colorées,
A temps plein ou temps partiel,
Célibataire ou bien mariée,
Sans enfant ou en ribambelle ?
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Faut-il donc que chaque nuit
Je m’élance à ses désirs,
Que pour lui faire plaisir
Je lui murmure de faux bruits ?
Lui louer son galbe pourtant si commun,
La baiser en chaque recoin,
Lui demander de rester
Tandis que j’aimerais la voir s’en aller ?
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Elle viendra espionner mes poèmes,
Même ceux que je ne voudrais pas,
Et puis peut-être même,
Qui sait si elle ne lira pas celui-là.
Si elle ne les brûle pas
Ce sera du moins pour les critiquer,
Peut-être même qu’elle les divulguera,
En somme, elle me dérangera.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Elle sera là à toute heure
Comme un caniche qu’il faut promener,
Je lui achèterais un collier porte-bonheur
Avec une laisse pour l’attacher.
Si je lui dis « vas-t-en »
Elle pleurera comme un cocker,
Elle sera là en tout temps,
Je devrais me tenir d’équerre.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Bientôt il lui faudra un chat,
Un canaris ou un hamster,
Jusque dans mes fringues ça sentira,
Mais elle dira non pour mon cocker :
« La chasse c’est pour les assassins. »
Je ne devrais pas m’écarter du droit chemin,
Son chat fera ce qu’il voudra :
Lui il pourra mettre ses pattes sur le sofa.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Et il arrivera le jour
Où elle évoquera le mot « enfant »,
Comme une composante sans détour
Pour une vraie famille, et moi là-dedans ?
Et puis son côté féministe
Me fera passer pour un macho
Si ce n’est pour un fasciste,
Il faudra que je vote gaucho.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Après toutes ces méditations,
J’ai pris ma résolution :
Je sens que ces braves amis,
Me seront fâchés à vie.
Non, je ne veux pas
Choisir comme ça,
En un claquement de doigts,
Qui sera avec moi.
Oh filles heureuses de tous les hommes,
Laissez-moi ma liberté,
Même si tantôt mon cœur bourdonne,
J’ai besoin de m’envoler.
Désolé mes bons amis,
Mais le temps résoudra l’affaire,
Marié ou célibataire,
Je me donne un sursis.
Quant à cette enfant,
Ça c’est sûr elle viendra,
Avecque qui, en quel temps,
C’est le sort qui le décidera.
Et ma dernière demeure tout en bois
Faudra-t-il aussi qu’il y ait quelqu’un avec moi ?
Si tel doit être le cas,
On risque d’être un peu à l’étroit.
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