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[Officiel] - An Braz - le hussard des mots

"Evoquant dans ses poèmes des thèmes aussi divers que les problèmes de société, le quotidien, l'amour... ; de coup de gueules en coups de coeur, An Braz laisse filer sa poésie sur les rives du Styx et ailleurs..." Cyr

Errance Testamentaire

Le jour où mon dernier unique amour
Me préfèrera l’illusionniste Jésus,
Je m’en irai gambader pour toujours
Avec la Camarde, bras dessous, bras dessus,
 
Et une à une nous irons frapper à vos portes,
Vous rappeler que bientôt s’achèvera votre temps ;
Et nous rirons, éparpillerons les listes au vent,
Comme l’Automne avec les feuilles mortes.
 
Puis enivré par le parfum de la Fleur du Mal
Je danserai, je chanterai sur un jovial air
De Bacchus tandis que vos visages vireront pâles.
 
Enfin, lorsque la faux, fatiguée, se fera débonnaire,
Je jetterai vers le gris ciel une ancre volage
Pour accrocher mon âme au plus vif des nuages.

 

© An Braz

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Hêtre Ou Pas Hêtre ?

Egarée par un vent ou un oiseau,
Une graine, un gland, une faine,
A trouvée bonheur dans une plaine
Pour donner plus grand qu’un roseau ;
Un de ces hêtres seuls au milieu d’un pré,
Combien de branches a-t-il depuis donné ?
 
Quelles nouvelles lui apportent les oiseaux
De son parent qu’il ne connaitra jamais ?
Tant de questions pour lesquelles un moineau
Me fit comprendre qu’elles ne comptaient.
 
 
 
Des racines solidement ancrées
L’appuyant contre vents et tempêtes ;
A quelles eaux les fit-il s’abreuver,
Dans quelles terres plongea-t-il leurs têtes ?
Ont-elles déjà croisées quelques vestiges,
Ont-elles à leur manière le vertige ?
 
Quelles nouvelles leur apportent les larves
De ce là-haut qui leur restera inconnu à jamais ?
Tant de questions pour lesquelles l’Arve
Me fit comprendre qu’elles ne comptaient.
 
 
 
Un tronc, un corps gros comme ça,
Que mon envergure en était trop courte,
Une fierté de réussite chez ces arbres-là
Qui ne comprennent guère notre route.
Et les craquelures qui saillent son écorce
Comptent-elles les fruits qu’ont fait divorce ?
 
Quelles nouvelles leur apportent le chevreuil
De cet automne semblant durer à jamais ?
Tant de questions pour lesquelles l’écureuil
Me fit comprendre qu’elles ne comptaient.
 
 
 
A-t-il la même couleur que son tronc
Ce rameau pointant son premier feuillage
Au travers du vert et généreux bourgeon
Et qui salue le luxurieux festif paysage ?
De quelle couleur deviendra son armure,
De quelles couleurs seront ses ramures ?
 
Quelles nouvelles lui apportera le vent
De tous ses fruits qui partiront à jamais ?
Tant de questions pour lesquelles le Temps
Me fit comprendre qu’elles ne comptaient.
 
 
 
Et toi qui m'écoute, le cœur ou pas en peine,
A-t-elle la même couleur que mon sang
La sève qui parcourt sans relâche tes veines ?
Coulera-t-elle dans celles de mes enfants ?
Et la souche sur laquelle tu sommeilles,
Est-elle celle qui donna un de mes aïeuls ?
 
Et moi, quel fruit viendrai-je à choisir,
Entre petit, galbé, lequel est-ce que je préfère ?
Tant de questions remuant autant de satires
Et que se posent les Hommes mes frères…
© An Braz

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La Robe Blanche.

(Parodie de La Blanche, de CB)

Elle te promet des dimanches,
Des dieux qui sur toi se penchent,
Deux mains sur tes hanches,
De beaux bourgeons à ta branche.

Mais elle profite de ton bonheur,
De ces joies que tu pleurs,
Elle te lie à un menteur
Qui se moque de ton cœur.

Elle t’offre le terrestre paradis,
Un monde sans mercis,
Des jours aux tristes nuits,
Une famille que tu maudis.
 
Elle t’emmène vers un destin
Dont tu ne pourras choisir le dessein,
Tu comprends enfin
Allongée dessous ce bourrin.
 
Alors avant de foutre en l’air ta vie,
Réfléchis en catimini,
Ne te fis pas aux yeux qui brillent,
Une poussière les titille.

Ne t’engage pas devant ta religion,
Ou devant un quelconque blason ;
Il n’est pire que cette éphémère satisfaction
Qui n’a de blanche que la robe à dentelle de coton.

 

© An Braz

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Bang-Bang Dans La Banlieue

 Ils se font honorer de courage
A chacun de leurs carnages ;
Plus ils torturent sans remords,
Plus les leurs les adorent ;
Plus ils tuent avec hâte,
Plus ils les idolâtrent.
 
La guerre pour la tour qu’aura le plus d’estime
Et Petit Frère qui meurt un flingue à la main,
La gâchette trop courte, un enrayage du chien,
A qui le crime ?
 
« Bang ! Bang ! » résonne dans la banlieue ;
« Bang ! Bang ! », une balle pour chaques yeux.
 
La puissance de tir d’une arme,
Sa cadence, ses reflets de métal, son canon scié,
Servent-ils comme au Moyen-Age, dans leur cité
A mesurer la valeur de l’âme ?
 
« Bang ! Bang ! » résonne dans la banlieue ;
« Bang ! Bang ! », une balle pour chaque yeux.
 
Toi, ta BM payée avec les minots qui trépassent,
Je la hais, je la vomis, je l’explose, je la tord ;
Une rayure pour chacun de tes meurtres, de tes torts :
Bonne pour la casse !
 
« Bang ! Bang ! » résonne dans la banlieue ;
« Bang ! Bang ! », une balle pour chaque yeux.
 
Cache ta bague en or des yeux de ton frère
Qui après un hasard de rue bientôt sera enterré
Et garde tes morales au fond de tes poches de camé,
Elles vaudront quoi devant cette pierre ?
 
« Bang ! Bang ! » résonne dans la banlieue ;
« Bang ! Bang ! », une balle pour chaque yeux.
 
Entre vrais mensonges et fausses vérités,
Quand le chargeur vide tu cries après l’espoir,
Rien demander, rien attendre, rien devoir,
C’est sa seule définition qui ne soit erronée.
 
Ils se font honorer de courage,
A chacun de leurs carnages ;
Mais ignorent tout de ce mot-là,
Le vrai courage, c‘est ça :
Un flingue sur sa propre tempe
Et on presse la détente…
  

 

© An Braz

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