Dimanche 20 août 2006
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Etranger venu en mon pays,
Sache que si tu le trouves bien dur à supporter,
C’est qu’il ne se supporte, mais profondément se vit ;
Ecoute-moi, écoute-le et tâche de le mériter.
Et te voilà tout juste arrivé à ses contreforts
Que tu pestes et le maudits de tes éclats les plus forts
Et vas te réfugier contre nos premières pierres venues
Du vent qui s’en vient te souffler trop dessus.
Mais ce vent que tu entends mais ne ressens
C’est le souffle de vie de mon pays comtois
Rappelant sans cesse à nos cœurs battants
« Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi ! »
Si ce vent qui s’en vient puis s’en reva s’attarde un peu,
C’est pour apporter chaleur et réconfort aux malheureux
Et chasser les moindres peines logées en nos cœurs
Susceptibles d’éroder tout notre bonheur.
Et dans ta totale absence de révérences et de foi,
Tu poses ton pied de la manière la plus profane qui soit
Déroulant les sinueux sentiers saillant falaises et bois,
Ignorant ou rejetant les sensations offertes en l’endroit.
Mais ce sol que tu foules mais ne ressens
C’est là toute la force de mon pays comtois
Rappelant sans cesse à nos cœurs battants
« Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi ! »
Si cette terre où nous vivons a ce caractère et cette force,
Cette rugosité que l’on ne retrouve que sur les écorces
C’est pour nous les transmettre et que nos âmes se renforce
Afin de toujours rester plus vaillants encore que les corses.
Et vient le temps où ce sol est lavé par une pluie
Et où toi dans une frénétique ardeur tu t’enfuis
Sans prendre le temps d’en apprécier sous cette nuit
Ce million de gouttes qui, tel un lâcher de paillettes, luit.
Mais ces gouttes dont tu t’abrites mais ne ressens
Ce sont les larmes que pleure mon pays comtois
Rappelant sans cesse à nos cœurs battants
« Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi ! »
Si mon pays parfois laisse couler ses larmes
C’est qu’il vient juste de repérer un drame,
Une menace, un mauvais complot qui se trame
Contre ses fils et nous exhorte à prendre les armes.
Cette pluie est venue au plus prompt moment nourrir
Cette vigne que sans moindre égard on te vit franchir,
Cette vigne de laquelle on extrait ce nectar divin sans faillir
Que tu bus sans en apprécier cet arôme qu’il transpire.
Mais ce vin dont tu te dépraves mais ne ressens
C’est le sang irrigant le cœur de mon pays comtois
Rappelant sans cesse à nos cœurs battants
« Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi ! »
Si notre vin a ce goût de terroir si particulier
C’est qu’il est la potion gauloise de la Comté
Qui nous ressource lorsque s’assombrissent nos pensées,
Qui nous émerveille à chacune de ses gorgées.
Etranger venu en mon pays,
Ressens-le dans toute la force de sa vie,
Dans son caractère si unique, si riche et si libre qui
Forge et guide nos êtres depuis toujours par lui conquis.
Par An_Braz
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Publié dans : Les Quatre Saisons
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