[Officiel] An Braz, Poète sur les Rives du Styx
Les veines explosant sous la peau,
La déchirant de mille et mille parts
La projetant, l’éparpillant en lambeaux
Se mélangeant et se confondant en bazar
Dans la boue épaisse et crasseuse du caniveau.
Jaillissant, une chaîne de volcans
Emerge, se transcende sous la douleur
Et vient compléter l’air par ce rouge sang
Dont ces photos, monochromes, effacent la couleur
Et suspend le formidable envol tel un arrêt du temps.
Les jeunes paraissent plus vieux
Que la grand-mère que vous n’osiez voir ;
Face aux adultes, les zombis semblent chanceux ;
Et face à leurs nourrissons, la peste semble dérisoire ;
A jamais vos tripes se gangrènent de ces souvenirs affreux.
Apothéose de la vision d’horreur,
Emerveillant spectacle de sensations
Vous transportant sur la scène de la peur,
Excitant vos veines à la limite de la consécration,
Intense moment où la vie prend corps de plein cœur.
Les bras dépecés, trahis par leurs veines,
La chair sous les yeux à vos regards dévoilée,
Une lèpre dans vos cœurs rassasiés par la peine
De la vue de ces hommes et enfants difformes révélés,
Incarnation de l’esprit des Hommes, de vous, êtres suprêmes.
Le champignon, qu’il soit de Paris
Ou de l’atome se sème puis se récolte,
La civilisation c’est ne jamais en être démuni,
Et qu’après tout ce temps de jachère des désinvoltes
Négocient ou bien parient la fin de ce jugé trop long sursis.