[Officiel] An Braz, Poète sur les Rives du Styx

Musette à l’épaule

Aussi légère que mon esprit

Parce que je n’ai rien pris,

Je rengaine ma gaule.

Juste une truite sereine

A qui j’ai rendu la liberté

Pour son regard de sirène,

Et je rentre sans dîner.

Je ferai le détour

Par chez le poissonnier

Pour leurrer mon amour,

Lui faire croire en avoir ferrés.

 

Tu n’es plus là,

Mais où es-tu ?

Sans toi chaque fois

Tu sais que je suis perdu.

 

Sur la table du dehors

Un tout petit mot,

Et dans tout mon corps

Bon nombre de maux.

Une absence se fait sentir,

Laquelle, je suis là ;

Ce n’est donc pas moi,

C’est toi qui a du fuir.

Où es-tu parti,

Me voilà tout bouleversé,

Est-ce chez belle-mamie,

Elle ne m’a jamais blairé.

 

Tu n’es plus là,

Mais où es-tu ?

Sans toi chaque fois

Tu sais que je suis perdu.

 

Je fouille ton sans-manche

Pour y trouver des indices :

Juste une souris-blanche

Pour les soirées sans délices.

C’est au tour de ton impaire

De passer aux aveux :

Un vieux ticket de RER,

Il n’y a rien de mieux.

A ton beau manteau violet :

Juste un mouchoir, si peu,

Suis-je donc si mauvais,

Que je ne fais plus pleurer tes yeux ?

 

Tu n’es plus là,

Mais où es-tu ?

Sans toi chaque fois

Tu sais que je suis perdu.

 

Je me décide enfin

A regarder ce bout de papier,

Il contient sûrement la fin

De tout ce que j’ai pu aimer :

« Une fois de plus tu t’es cassé

Sans le moindre mot »

Eh, je suis comme les moineaux,

J’ai besoin de m’envoler.

« Tu n’aurai pas par hasard

Oublié quelque chose ? »

Non, j’ai pris tout mon bazar

Et mes amorces en doses.

 

Tu n’es plus là,

Mais où es-tu ?

Sans toi chaque fois

Tu sais que je suis perdu.

 

« Un petit rendez-vous,

Mais bien sûr tu t’en fous. »

Eh, ton anniversaire

Il n’est pas avant l’hiver.

« D’aller à l’hôpital. »

Tu n’est pas en ballon

Et moi je n’ai pas de mal,

Que veux dire ce torchon ?

« Que dira ton père ? »

Laisse-le, il est si pâle,

Il est presque au cimetière,

Et mince il est à l’hôpital.

 

Tu n’es plus là,

Mais où es-tu ?

Sans toi chaque fois

Tu sais que je suis perdu.

 

Ah, elle est si attentionnée,

Elle reviendra après,

Sans elle qu’est-ce que je serais,

Je ne saurais pas aimer.

Ah, elle est si attentionnée,

Elle reviendra après,

Si elle pouvais un peu s’inquiéter

Pour moi, ce serait parfait.

Ah, elle est si attentionnée,

Elle reviendra après,

Je ne peux que l’aimer,

C’est pour elle que je vivrai.

Sam 19 aoû 2006 Aucun commentaire