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[Officiel] - An Braz - le hussard des mots

"Evoquant dans ses poèmes des thèmes aussi divers que les problèmes de société, le quotidien, l'amour... ; de coup de gueules en coups de coeur, An Braz laisse filer sa poésie sur les rives du Styx et ailleurs..." Cyr

Les articles "outre-venise"

Jeu Pipé

Tonton Georges, voilà quelque trente années

Que, sur un fond d'orgue, tu nous as quittés.

Voilà quelque trente années que moi je suis né ;

Amère destinée de n'avoir pu se croiser.

 

Tu as cassé ta pipe discrètement en silence

Sans trop faire de principes, tu as laissé ton absence,

Parti dans la nuit vers ton cimetière marin,

Sorti sans un bruit courir d'autres chemins.

 

Mais, tonton Georges, tu restes un peu en moi :

Que mes écrits regorgent de mots de ton aloi,

Et bien plus encore, que je n'exposerai pas ici.

 

La Mort, dans son jeu, est ma foi bien cocasse

Quand elle l'arrête de son voeu et vous fait passer en face, 

Quand elle pipe le sort ; la fieffée est mal polie !

 

à Brassens.

© An Braz

 Oeuvre déposée auprès d'un Huissier de Justice

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Ma Prière

 

Par toutes les peines que j'ai enterrées

Au plus profond de mon âme désoeuvrée,

Par tous les silences que j'ai étouffés

Et par tous les sanglots que j'ai évaporés,

Je pleure la nuit.

 

Par toutes les joies que j'ai brisées

Dans l'oeuf d'une destinée inassouvie,

Par tous les faibles espoirs que j'ai abolis

Et par toutes les prières que j'ai reniées,

Je pleure mes soucis.

 

Par les religions qu'à jamais je maudis

Pour vouloir enfermer nos esprits,

Par l'orgueil de l'égo dont j'ai le mépris

Et par tous les idéaux que je conchie,

Mon âme pleure.

 

Par toute la haine dont je déteste le sort,

Irrespect de lui-même qu'a l'Homme avili,

Par tous les enfants fauchés par la mort

Et par ceux auxquels je n'ose donner la vie,

Saigne mon coeur.



© An Braz



Oeuvre déposée auprès d'un Huissier de Justice

 

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Nuits Sans Etoiles

J'aimais ton sourire,

Qu'était comme un grand "boum",

Un feu d'artifices

Dont je contemplais

Les formes et les couleurs

Qu'il dessinait, jusqu'à me perdre.

 

Je chante sans rancœurs

Les joies et les pleurs

Qui comblent ton absence

Au fond de mon cœur ;

La vie est une suite rance

De jours pires ou meilleurs.

 

Depuis j'erre dans le désert

D'un futur où tu n'es pas ;

Pas de sentier pour me guider

Dans ce dédale de dunes

Qui se redessine chaque jour

Au rythme de nos souvenirs enfouis.

 

Et au fond de mes nuits

Lorsque je m'évade

Par les yeux vers le ciel,

Les étoiles sont éteintes

Sans toi pour les faire briller

A mon regard abandonné.

 

Il y a des soirs tristes,

Ils en sont qui sont pires,

Tu sais, à l'âme qu'en saigne

Lentement dans la douleur,

Comme un suicide, comme un suicide,

Ta mémoire pour couteau !

 

Parait qu'il est un dieu,

Eh bien qu'il soit maudit ;

Parait qu'c'est pour te rappeler vers lui,

Quel égoïste celui-là,

Il n'a pas demandé l'avis,

Il n'a pas demandé, ni à moi, ni à toi.

 

Adieu toutes tes promesses

Envolées, enterrées avec toi,

Bonjour l'alcool et l'ivresse,

Compagnes de ma mélancolie

Avec qui je me noie ;

Un plongeon dans l'oubli.

 

© An Braz

 


Oeuvre déposée auprès d'un Huissier de Justice

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Sous Les Vagues

Je vivais bien, alors,

Sous les pluies de l'Angleterre,

Au milieu de ce décor

Qui avait tout pour me plaire,

Loin de vous et vos dehors

De fausses aimables civilités,

Et surtout si loin de vos préjugés

Je vivais libre à ma manière.

 

suicide 0


Et depuis je me suicide

A coups de bières, à coups de vers,

Inonde mes veines, l'âme vide

Et dépitée par vos sourires amers ;

Je nourris des démons morbides,

Ceux qui te rongent de l'intérieur

Et te font découvrir le bonheur,

Même d'un ultime naufrage en mer.

 

suicide 1 


Mais c'est dans l'océan de la vie

Que vous inventez autour de moi

Où je chavire sans répit,

Où chaque jour je me noie ;

Et au milieu de cette asphyxie

Inutile de retenir sa respiration

Ou se débattre de cette captation :

Sois juste servile et tais-toi !

 

suicide 2


J'écoute le bruit que font les arbres

Abandonnés aux caprices du vent,

J'écoute le bruit que font mes larmes

Abandonnées aux caprices du Temps ;

Et au milieu de ce sourd vacarme

Je laisse s'évaporer ma rancune

Sous le regard pâle de la lune

Et des chats et puis des gens.

 

suicide 3


Tu sais, il n'y a pas de gloire,

Tout juste de quoi écrire ces vers,

Dans cette vie pleine de désespoirs

Que je cuve au comptoir de l'Hiver ;

Me suivrais-tu, juste pour voir,

Dans un tout dernier plongeon,

Sur le bitume, s'écraser sans raison

Et voir qui d'eux ou nous y perd ?

 

suicide 4

 

© An Braz

 

Oeuvre déposée auprès d'un Huissier de Justice

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Tourments

Et je voulais courir le vent,

Et je voulais courir le vent,

Me perdre sur l'océan,

Conserver mon rire d'enfant.

 

Je voulais voler comme les oiseaux

M'éloigner toujours plus haut ;

Je voulais saluer les nuages,

Savourer des instants volages.

 

Mais je n'ai pas couru le vent,

Mais je n'ai pas vogué l'océan,

Je suis resté enchainé à terre,

L'esprit déchiré qui erre, qui erre.

 

Pourriture en mon sol désertique,

Cet esprit nourrit ses instants bucoliques,

Nourrit dans sa profonde ivresse

Une absence de quelque liesse.

 

Ô Désespoir, mon seul bien,

Je te verse mon loyer de chagrins,

Moi qui séjourne en ton sérail ;

Toi qui séjournes dans mes entrailles.

 

© An Braz

 

Oeuvre déposée auprès d'un Huissier de Justice

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Des Vagues A L'Ame.

 

Le Temps, pareil aux vagues sur le sable,

Ronge et ronge le rivage de ma mémoire,

Glisse entre mes doigts, insaisissable,

Me laissant couler vers mon seul désespoir.

 

Je voudrais prendre la mer sous la lune,

Combattre les vagues déchainées de Neptune.

 

Elle est loin la plage que peuplait mon enfance :

Atlantide perdu dans l'océan du passé...

Que sont devenues ces joies d'insouciance ?

Des bouteilles à la mer ; qui saura les trouver ?

 

Je voudrais naviguer aux quatre vents

Jusqu'à croiser la route du Hollandais Volant.

 

De la mer émergent de sombres rochers,

Pierres d'écumes sur lesquelles viennent s'échouer

D'égarées flottes d'antiques navires pirates,

Titanesques naufrages de ma vie apostate.

 

Je voudrais tant sur un solitaire voilier

Fuir et refuir les hantises de mon passé.

 

Voilà que le Temps vogue sur le cours de ma vie,

Trace son sillon parmi mes souvenirs vagues ;

Par Charon ! Je me fais barge tant il drague

Le limon de mon être à jamais évanoui.

 

Mais, le moment attendu, je serai hardi :

Ferai un coup de Trafalgar à la Tabarly !

 

© An Braz

 

Article déposé auprès d'un Huissier de Justice

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Pépé

Il y a des temps que tu es parti,

Parti vers ce monde de l’oubli.

Mais tu te rappelles ce soir

Au tout devant de ma mémoire

Et au cœur de ces larmes perdues ;

Pépé, où es-tu ? Pépé, où es-tu ?

 

On se parlait peu, se chamaillait

Parfois, pour se dire que l’on s’aimait

Et dans le silence d’un regard

Echangé, tout était dit sans retard,

Tout était dit et bien plus encore ;

Pépé, à la vie. Pépé, à la mort.

 

Tu n’es plus là et j’erre depuis

Dans les rues désertes de mon ennui

A repeindre noir sur gris sans pitié

Mes souvenirs jusqu’à les oublier,

Sauf ceux de toi qu’en mon cœur je planque,

Pépé, tu me manques ! Pépé, tu me manques !

 

Les jours passent inlassablement,

Emportés par les sables du Temps,

Sables mouvants, et j’attends, j’attends,

J’attends de te rejoindre simplement,

Que la Mort me prenne en son convoi ;

Pépé, attends-moi. Pépé, attends-moi...

 

© An Braz

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Adieu L’Ami

Adieu l’ami,

Adieu les rêves et les envies,

Adieu l’ami,

Adieu les joyeuses alcoolémies,

Adieu l’ami,

Adieu les sombres amnésies,

Adieu l’ami,

Adieu les veillées infinies,

Adieu l’ami,

Adieu les jeux et les folies,

Adieu l’ami,

Adieu tous nos petits défis,

Adieu l’ami,

Adieu tous deux insoumis,

Adieu l’ami,

Adieu tous deux impolis,

Adieu l’ami,

Adieu la raillerie et la moquerie,

Adieu l’ami,

Adieu nos deux perfidies,

Adieu l’ami,

Adieu nos deux esprits sosies,

Adieu l’ami,

Adieu nos deux schizophrénies,

Adieu l’ami,

Adieu l’inconnu et le déni,

Adieu l’ami,

Adieu nos fortes idéologies,

Adieu l’ami,

Adieu nos discours d’apologies,

Adieu l’ami,

Adieu nos aimables causeries,

Adieu l’ami,

Adieu le calme et l’euphorie,

Adieu l’ami,

Adieu ces petites chamailleries,

Adieu l’ami,

Adieu ces soirées d’anthologie,

Adieu l’ami,

Adieu ces jours affranchis,

Adieu l’ami,

Adieu l’avenir et puis la vie,

Adieu l’ami,

Adieu, bonjour ma mélancolie,

Adieu l’ami,

Adieu, bonjour ma nostalgie,

Adieu l’ami,

Adieu, bonjour mes temps d’oubli,

Adieu,

Je reste encore un petit peu...

 

© An Braz

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La Mort Des Citadins

Ce sont ces passants désertés des rues,

Voyageant chez eux pendant les repas,

Vers leurs ambitions, terres inconnues,

Ce sont eux passant la vie en trépas.

 

A leurs fenêtres des fleurs suspendues ;

Eux à l’attente d’un vide, un coma,

Un cancer, un meurtre et fins incongrues,

Maisons tombales en seuil du glas.

 

Ce sont des zombies, l’allure livide,

Le pas hasardeux et le regard vide,

La muette voix dépouillée de verbe.

 

C’est le fatal prix de leur monde avide,

C’est une non-vie, natal génocide,

C’est un gris néant décoloré d’herbe. 

 

© An Braz


(Inspiré par la série de poèmes "La Mort" de C. Baudelaire)

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Illégitime Tableau...

Suite au poème « Illégitime ! »


Tu n’avais bien sûr rien demandé,
Un peu d’amour ou de tranquillité,
Pas cette douleur qui te transperce
Ni ces flots de sang qui se déversent.

Ton cœur bat sa dernière chamade,
Le corps, cédé à la douleur,
Effondré sur le trottoir se meurt
Et ton esprit divague, s’évade.

Les souvenirs tombent en mikado :
Un regret, un remord et un oubli
Peignent comme autant de pinceaux
Ce tableau qui illustre ta vie.

A quoi penses-tu, le regard vitré ?
As-tu pu finir cette peinture ?
Je t’ai offert ce regard éploré,
L’as-tu emporté vers ton futur ?
Toi qui n’avais rien demandé.

 

© An Braz

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Illégitime !

Tu n’avais bien sûr rien demandé

Et pourtant c’est toi qui as gagné :

Gagné ce concours de circonstances,

Remporté la sentence, la sentence.

 

Heure où les esprits somnolent encor,

Où le vent modère nos allures,

Où tu rêvassais là au dehors

Bercée par les klaxons de voitures.

 

Une vitrine d’un doré décor

Brillé par des lampes, sans violence,

Tu t’attardes, une vague absence,

Une subconscience qui éclore.

 

Et puis ce coup d’éclat résonné,

Une douleur de déchirure ;

Tu t’effondres, illégitimité :

Une balle perdue en ton armure.

Tu n’avais bien sûr rien demandé...

 

© An Braz


Inspiré par « Rosa » d’Obispo
et « Les Charognards » de Renaud.
Suite : « Illégitime Tableau... ».

 

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Rongé Sans Joie Ni Remords

La musique ne me fait plus danser,

La chanson ne me fait plus vibrer,

La poésie ne me fait plus écrire,

La vie me fait vieillir.

 

Mort, mon esprit est mort ;

Plus de joies, ni de remords ;

Je me laisse glisser vers l’autre rive,

Comme le bois mort à la dérive.

 

Cette douce mélancolie,

Qui longtemps réchauffa ma vie :

Le radiateur est devenu froid,

La chaudière n’a plus de bois.

 

Mon âme en lambeaux se déchire

Comme une vieille fripe, sans mentir ;

Et ça fait mal, et même bien pire :

Comme une douleur qu’on ne pourrait sentir.

 

Combien d’années sans jamais pleurer,

Plus du fait du vent que de ma vie menée ;

Les yeux secs, pas de larme trouillarde :

C’est ainsi lorsqu’on aime la Camarde.

 

Comme dans le Temps Perdu d’un an déjà :

Toujours je suis là et toujours je suis las ;

Usé de tourner en rond autour de l’ennui,

Rongé de voir se succéder les jours, les nuits.

 

© An Braz

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